Cendres et sang

© Rezo Films Marc Ruchmann, Claire Bouanich, Ronit Elkabetz et Abraham Belaga
Ce film est comme une histoire, un conte de famille que l'on raconte aux enfants.
Une femme quitte son pays avec ses trois enfants, suite à l'assassinat de son mari. Plus tard, avec ses enfants adolescents, elle revient dans sa région natale pour le mariage de sa nièce. Ce film est une histoire de famille, de terre et de sang. Elle revient dans son pays et fait découvrir ces terres à ses trois enfants. Le retour est difficile et pesant. Les coutumes des ces familles sont ancrés dans la mémoire de la terre et du sang. Un lourd secret, que seul les trois adolescents exilés ne connaissent pas, pèse sur les trois familles qui se partagent les terres, les plaines et les forêts. Le film est époustouflant puisque les personnages de ces trois familles ne vivent qu'au rythme de la terre et du sang des hommes. C'est Fanny Ardant qui réalise ce film, elle nous fait une bonne surprise avec ce superbe film. En plus elle a choisi la grande Ronit Elkabets qui est encore une fois magnifique ici.
Ronit Elkabets : si vous ne connaissez pas encore cette actrice Israélienne, il serait temps de vous réveiller. Sa présence et sa voix sont assez exceptionnels. Je vous conseil vivement de voir ce film.

Singularités d'une jeune fille blonde (Singularidades de uma rapariga loira)

© Epicentre Films Ricardo Trepa
Cette singularité est le nouveau film de Manoel de Oliveira, le centenaire du cinéma Portugais.
Un jeune homme raconte son histoire d'amour à une inconnue dans un train. On est comme elle, vite intrigué de découvrir les aventures de ce jeune homme. En effet, il tombe amoureux d'une jeune fille fascinante. Ce n'est pas l'histoire d'amour qui est originale dans ce film, elle est assez banale. Par contre, c'est l'atmosphère et la chute qui sont déroutants, surprenants. Le maître du cinéma portugais, nous peint une Lisbonne figée dans le temps dans la bourgeoisie lisboète. Le film dure un peu plus d'une heure, mais chaque plan est comme une peinture où tous les détails ont été pensés.
Le film est assez original et esthétique, et comme il ne dure qu'une heure, je vous invite à le voir, pour découvrir enfin le monde d'Oliveira.

Ordinary people

© Pyramide Distribution Relja Popovic
Les gens ordinaires le sont, peu importe leurs actes.
Un jeune soldat Serbe part avec sa nouvelle section qu'il vient tout juste d'intégrer. Ils partent pour un long parcours en bus jusqu'à une destination inconnu. Arrivé, ils ont quatier libre et attendent. Ils attendent, peu importe quoi, mais ils attendent et l'attente est longue. Arrive enfin, le moment de passer à l'action, et on découvre que cette section est un peloton d'excécution. Tout le monde est assez ordinaire dans ce film, aussi bien ceux qui tuent et ceux qui se font tuer. Le film est doublement dur. Dur, par les images d'exécutions et dur car il ne se passe pas grand chose, même rien dans les moments d'attente entre deux exécutions. L'attente fait parti du film, ce qui nous laisse nous aussi dans l'attente de la prochaine exécution. Le film est tout naturellement dérangeant et difficile à regarder, mais ce film Serbe est assez fort.
Si vous ne redoutez pas le sujet, le film peut être intéressant, ou du moins différent, sinon n'allez pas voir ce film.

Tu n'aimeras point (Einaym Pkuhot)

© Haut et Court Zohar Strauss et Ran Danker
Tu n'aimeras point, tu fonderas une famille et tu ne devras aimer que dieu.
Aaaron, commerçant et père de 4 enfants est respecté dans sa communauté ultra-orthodoxe de Jérusalem. Il mène ainsi une vie bien rangée au rythme de la religion qui est omniprésente dans sa vie. Un jour, il croise le regard de Ezri, un jeune étudiant de 22 ans. Depuis ce jour, sa vie va prendre un autre tournant car les deux hommes connaissent une passion amoureuse. Bien sûr, c'est l'amour impossible dans ce coin du monde où la religion arrête le temps ainsi que les libertés. Choix audacieux pour le réalisateur d'avoir osé tourner un tel sujet au milieu de cette communauté d'extrémiste de la religion. Au moins, même si les religions se combattent, elles ont toutes un point commun, celui d'empêcher les libertés individuelles et le libre arbitre. On se doute de la fin du film, sinon cela serait de la science fiction, mais l'histoire est bien faire et le lien entre les deux hommes n'est pas écrasé par les clichés.
Encore un film Israélien qui s'attaque à la religion, une religion parmi les autres.

Les derniers jours du monde

© Wild Bunch Distribution Mathieu Amalric
Robinson est dans sa maison de bord de mer à Biarritz. Il sort d'une séparation et est complètement sans but dans la vie. Il croise la libraire avec lequel il va avoir une aventure, mais à toujours en tête la femme qu'il a rencontré le temps d'un été. Mais Robinson doit faire face ç un climat de fin du monde, puisqu'un virus semble se propager de par le monde. Entre les sirènes, les évacuations et les pays non touchés qui détruisent les autres pays contaminés par le virus à coup de bombes nucléaires, Robinson, va errer à travers la France et l'Espagne. Robinson ne semble pas émut par ce qui arrive au monde dans ce climat de fin des temps ou tout est possible puisque l'avenir de l'humanité n'y plus assuré. Le décor est un scénario de science fiction, mais ce n'est que le décor et l'histoire principale reste celle de Robinson et de ses histoires sentimentales où la fin du monde n'a pas de conséquence sur lui. Forcément, c'est un film Français alors le décor est un peu moins crédible, car les moyens n'ont pas été mis afin de donner un réel sentiment de fin du monde.
Mais pour Robinson, joué par Mathieu Amalric, on voit bien en lui ce sentiement de fin du monde, ou plus rien ne peut le perturber dans sa recherche de l'amour.

Un prophète

( - 12 ans )

© Roger Arpajou Tahar Rahim

Un prophète est une personne qui annonce l'avenir, mais il parle également au nom de Dieu.
Malik El Djebena arrive en prison suite à une condamnation de 6 ans. Il a 19 ans, ne sait pas grand chose de la vie et ne sait ni lire et écrire. Il se retrouve vite à la mercie des autres détenus plus vieux que lui. Très vite il est pris dans la bande des Corses qui semblent être les meneurs face aux Magrébens. Malik va vite devoir se plier aux exigences des Corses pour survivre et essayer d'avoir une vie. Jacques Audiard nous donne encore une fois un grand film. Malik, le personnage et Tahar l'acteur ne font qu'un et c'est ce jeune homme qui mène le film comme il va vite mener son destin là ou personne ne l'attend. L'autre personnage fort du film et le chef des corses, qui est interprété par Niels Arestrup, un acteur avec une présence et un visage que l'on ne peut oublier. Ce film est sûrement la bonne surprise de cette rentrée, sans conteste. On découvre la dure vie des prisons, mais ce que l'on découvre c'est ce que Malik va découvrir, son destin qui n'a apriori aucune chance d'exister. Pourtant le prophète a vu le destin de Malik. La claque de la rentrée, ne le ratez pas.
Tahar Rahim... un acteur à suivre, forcément !